Sheila Hicks au Piliguet  : Des rêveries au goût de sel

Phare du Créach au tricot, par Sheila Hicks

Sheila Hicks au Piliguet  : Des rêveries au goût de sel

Imaginez comme elles ont du être heureuses, ces oeuvres de Sheila Hicks, de retrouver leur île natale. Certaines ont près de quarante ans ; d’autres ont à peine quelques mois. Peut-être se transmettent-elles des histoires, des recettes et des raccourcis par les landes lorsque nous sommes endormis… Ensemble, elles ont habité Ar Piliguet pendant plus de deux mois, non loin du phare, des grèves, des visages et des sentiers de promenade qui les ont inspirées. Elles en sont des portraits tissés et subjectifs, des visions en miniature qui contiennent tout un monde, celui de la finis terrae.

Sheila Hicks à Ouessant en avril 2016

       Sheila Hicks à Ouessant en avril 2016

Réalisées à Ouessant ou ailleurs – sans doute lors de rêveries au goût de sel –, elles semblent comme infusées par les richesses de l’île : ici des couteaux aux couleurs passées se mêlent aux fils de laine et lin, là le souvenir d’une pleine lune une nuit de tempête rencontre le surgissement d’un phare détaché du lointain.
Quelques « intrus » (Kozhikode, 1966 ; Un arpent de la forêt tropicale, 1989 ; Nacido en Mexico, 2002) rappellent que le monde est vaste – ce que tous les Ouessantins à travers leurs embarquements au long cours depuis des siècles savent pertinemment – et que la nature et les paysages sont une source inépuisable de contemplation et d’inspiration.

                       Cinq Frères

Certaines de ces oeuvres (Cinq frères, Family Pow Wow) ont été tissées très récemment, à la suite d’un séjour de l’artiste à Ouessant en avril 2016. Elles retrouvent l’île après avoir été exposées en septembre-octobre à la galerie frank elbaz de Paris. Ambassadrices du projet Apprentissages, conçu par l’artiste pour le Festival d’Automne à Paris, elles se sont offertes une échappée au grand air et relient les bords de Seine à l’Océan Atlantique. Ces miniatures sont bien des talismans puissants et leur devise abolit les frontières et les distances : Tourioù-tan, ken pell e-giz ma tost !

 

Du 25 octobre au 3 janvier 2017, Phares Far Away, Ever So Near (Tourioù-tan, ken pell e-giz ma tost) chez Ar Piliguet. Le projet Apprentissages de Sheila Hicks pour le Festival d’Automne à Paris se déploie de septembre à décembre 2016 : au Musée Carnavalet – Histoire de Paris (13 septembre-2 octobre), dans des vitrines parisiennes (14 octobre-17 décembre) et à l’Atelier décor de Nanterre-Amandiers (9-17 décembre). Informations sur www.festival-automne.com

 

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